Rapport de mission Tinbo
Octobre 2009

Vue globale

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La mission d’octobre 2009 a eu lieu du dimanche 11 au mercredi 14 octobre 2009. Déplacement de Clémence Schantz (présidente), Cyrille Inguenault (membre actif), Marjorie Pouch (trésorière) et Hadrien Pouch (adhérent).
Cette mission avait pour objectif principal la rentrée des classes 2009/2010.

Les points forts de ce déplacement sont les suivants :

Accueil chaleureux de Gildas et Kam, les 2 instituteurs burkinabés grâce à qui l’association Tinbo a vu le jour. Ce sont aujourd’hui et depuis plusieurs années déjà des amis.
Ils nous ont prouvé une fois de plus leur motivation et leur efficacité.
À notre arrivée, le matériel scolaire commandé était emballé et prêt.
Les tables-bancs et chaises étaient terminées et acheminées dans les écoles. Gildas et Kam se sont énormément investis dans ce projet car ils ont suivi jour après jour l’avancée des travaux et ont rectifié le tir à chaque fois que cela a été nécessaire.

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de fournitures
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Élèves

Objectifs

– Evaluer la continuité des actions Tinbo et leur pertinence année après année.
– Faire le point avec les principaux intervenants sur place des besoins réels.

– Juger de l’utilisation du matériel apporté l’année précédente

– Acheter et distribuer nous-mêmes le mobilier et les fournitures scolaires

– Trouver une solution pour remotiver l’équipe de théâtre et sensibiliser la population au problème de l’excision, de la transmission du VIH.

Ecole de Rigui

Cette année, l’école compte 376 élèves (contre 274 élèves en 2005). Cette augmentation de 37 % des effectifs est due à une croissance de la natalité au Burkina Faso, mais aussi et surtout à notre action sur place. Gildas et Kam nous soutiennent que sans l’association Tinbo, les parents inscriraient beaucoup moins leurs enfants à l’école. Nous sommes d’ailleurs surpris de constater chaque année que le jour de notre présence dans les écoles, les parents inscrivent des élèves à la dernière minute afin de bénéficier des fournitures scolaires. Ces enfants rentrent alors dans le système scolaire et assisteront toute l’année aux cours.
L’association Tinbo a à ce niveau une action directe et mesurable.

– Accueil chaleureux, tout le village est présent : chef du village, notables, femmes et enfants ; ainsi que l’équipe enseignante et le directeur qui est là depuis 2008. Il connaît donc notre association par l’intermédiaire de Pierre Catros, Isabelle Goumain et Laura Géraudie, mais nous ne le connaissons pas personnellement.
– Discours de bienvenue « Bonne Arrivée ». Intervention de Gildas, du chef de village, du directeur, des représentants de l’APE (Association des parents d’élèves), de l’AME (Association des mères d’élèves) et de Clémence. Cela a été pour nous l’occasion de rappeler les objectifs de Tinbo : la lutte contre l’excision et le mariage forcé. Nous insistons auprès des parents sur leur rôle fondamental et indispensable dans l’éducation de leurs enfants. Nous insistons auprès des enfants afin qu’ils travaillent de façon assidue.
– Distribution des fournitures scolaires à chaque élève, un à un. Les enfants sont extrêmement respectueux de l’autorité et de l’équipe enseignante. Les plus jeunes ont peur de nous. Les plus âgés nous font la révérence. Tous nous remercient.
Cette année, Gildas, Kam et nous tous, avions pris la décision de commander un peu moins de fournitures scolaires que les années passées car l’État a promis d’en donner. Cependant, la rentrée des classes avait eu lieu 10 jours auparavant et rien n’était encore arrivé. Les cours n’avaient donc pas pu commencer. Notre venue et la distribution des fournitures était plus que la bienvenue.

– Distribution de 76 cartables aux CP1. Nous constatons que tous les autres élèves ont des sacs de riz en guise de cartables. Où sont passés les sacs Tinbo que nous distribuons chaque année ? Sont-ils usés ? Servent-ils à autre chose ? Les instituteurs nous disent que la qualité n’est pas suffisante. Nous rencontrons un élève qui porte un sac Tinbo que nous avions offert pour les meilleurs élèves de chaque classe en 2006. Ce type de modèle semble donc plus résistant. Nous décidons de refaire ceux de 2006 pour la prochaine rentrée (prix identique).

– Chaque élève orphelin aura, la semaine prochaine, un trousseau composé d’un tee- shirt + 2 savons pour l’année.
– 20 tables-bancs et chaises Tinbo ont été acheminées par les parents d’élèves à l’aide d’ânes (35 km allers et 35 km retour) de Ouahigouya. Cela nous prouve une fois de plus l’implication des parents dans notre action. Cela nous motive énormément car nous constatons qu’avec un peu d’aide ils prennent le relais. Grâce à Gildas et Kam, qui ont suivi l’avancement des travaux jour après jour, les tables-bancs sont d’excellente qualité.

– Apport de matériel pour la pharmacie : antiseptiques (3 flacons), coton (3 sacs), pansements (3 rouleaux). Cela correspond exactement aux besoins annuels puisque la boîte était quasiment vide, mais le directeur nous a affirmé qu’elle a duré toute l’année scolaire. Il nous dit que cette pharmacie est très utile pour les enfants.

Prévoir une nouvelle boîte en plastique hermétique l’année prochaine car celle-ci est déjà très abîmée (trouée, poussière…).

– Apport de livres neufs pour les enfants afin d’étoffer leur bibliothèque. Les parents n’ont pas construit de planches aux murs, mais ils nous disent que c’est parce que les livres risquent d’être pleins de poussière et qu’il vaut mieux les protéger dans des cartons.

– Apport de jouets achetés en France (poneys, voitures, ballons…) pour récompenser les meilleurs de chaque classe à la fin de l’année.
– Ce que nous constatons lors de la visite de l’école : les affiches de décoration et sur l’excision apportées il y a 2 ans sont toujours accrochées au mur. En revanche, il y en a peu et les classes sont tristes.

Réitérer le projet de décoration des classes pour 2010 ?

L’horloge apportée en 2007 est toujours en place mais n’a plus de pile.
Les lampes à huile achetées en 2008 sont en très bon état. Les parents d’élèves s’étaient engagés à en assurer l’entretien, ce qui est fait. Elles servent beaucoup aux élèves de CM2 pour faire leurs devoirs. Seul bémol : le directeur nous dit que le pétrole est très cher en ce moment et nous demande des lampes à pile.

– Nombreuses danses pour nous remercier. Tout le village est en fête.
– Les villageois nous offrent un sac d’arachide (signe de bienvenue) de 20 kg ainsi que 6 poulets.

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Ecole de Bagawoko

– Bagawoko est une petite école à 2 km de l’école de Rigui. Ce sont deux villages voisins.
Cette école a été « créée » par l’État l’an passé mais elle n’a malheureusement presque rien. Gildas et Kam nous avaient demandé au mois de septembre de l’aider mais le budget annuel de Tinbo était bouclé depuis l’AG du 09 septembre. Nous avions alors promis de venir leur rendre visite afin de leur montrer que malgré tout, nous avions entendu leur demande.
– Il s’agit d’une école avec seulement 2 classes : CP2 et CE2. En 2008 : CP1 et CE1 et en 2010, ce sera CP1, CE1 et CM1. Les 2 classes sont en terre cuite et le toit en paille. Elles possèdent en tout et pour tout 6 tables-bancs en très mauvais état. Classe de
CP2 : 57 élèves ; classe de CE2 : 46 élèves (soit 103 élèves).
– Nous avons été accueillis par le village entier. Tous les habitants sont venus nous souhaiter la bienvenue. Discours de Gildas, du chef du village, des APE, AME et de Clémence. Nous leur avons donné des explications sur notre budget très limité ainsi que sur les objectifs de notre association.
Nous avons été obligés de constater la pauvreté de cette école : pas de classe, pas de bancs, pas de chaises, un tableau emprunté, pas de fournitures donc pas de cours possibles pour le moment. L’équipe enseignante est composée du directeur Ganamé Houdou et d’un enseignant. Ils sont tous les deux très motivés et investis dans leur mission mais manquent terriblement de moyens.

Nous avons tous les quatre été extrêmement touchés par ce village. Nous avons été accueillis à bras ouverts alors que nous sommes arrivés les mains vides. Le directeur a fait des demandes auprès de 4 associations mais reste sans réponse positive pour le moment. Nous avons été marqués par le nombre de bébés dans ce village : dans quelques années, ce seront les futurs écoliers. Comment rester indifférent face à ce manque de moyens ? Face à une volonté d’enseigner et d’apprendre mais sans possibilité ? Nous avons décidé de tout faire pour collecter des fonds pour l’école de Bagawoko à notre retour.

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Ecole de Koura Bagre

– Une vieille du village est décédée le matin même de notre venue et l’enterrement a eu lieu dans la foulée donc peu de monde était présent à notre arrivée. Le ton n’était pas à la fête.
Une heure après, nous apprenons qu’une mère et son enfant (un écolier) se sont fait mordre par un serpent et ont du être conduits à l’hôpital de Ouahigouya.
– Cependant, notre arrivée s’est faite sous les applaudissements des élèves qui étaient tous présents.
– Discussion avec le directeur de l’école que nous connaissons depuis plusieurs années maintenant, ainsi qu’avec l’équipe enseignante. Kam a été une nouvelle fois affecté à l’école de KB pour l’année 2009/2010, et ce à notre plus grand bonheur.
Nous apprenons qu’une autre association de Seine-Saint-Denis en France (ASKK) soutient l’école de KB depuis un an. Il s’agit d’amis du directeur qui ont fait des tables-bancs et donné des sacs de riz l’an passé. Ils n’achètent aucune fourniture scolaire car connaissent l’action de Tinbo.
– En attendant que les adultes du village arrivent, nous visitons avec le directeur :

o Les classes repeintes par les 4 jeunes qui se sont déplacés cet été pour Tinbo. Nous constatons que les classes sont propres, les posters éducatifs apportés sont accrochés et les frises et dessins sont aux murs.

o L’école de KB s’est agrandie depuis 2 ans : 2 classes « annexes » sont de e

l’autre côté de la cour, et en excessivement mauvais état. Une 6 classe doit être construite en banco par les paysans pour cette année. Les travaux n’ont pas commencé, les enfants attendent donc et ne peuvent pas commencer l’année scolaire.

o Un forage est proche de l’école où les enfants boivent librement. Un puits assez vieux et en mauvais état est annexé à une pépinière de l’autre côté de l’école.

– Les villageois sont arrivés. Accueil très chaleureux de tout le village qui s’excuse pour le retard. Puis commencent alors les discours de Gildas, les notables, l’APE, l’AME, le Comité du développement, le directeur et Clémence. Remerciements++. Clémence rappelle et réinsiste sur les objectifs de l’association Tinbo.

– Les 18 tables-bancs avec le logo Tinbo sont disposées dans la cour, ainsi que les
7 chaises.
– Distribution des fournitures scolaires aux élèves, un à un, ainsi que les cartables aux CP1.
– Nous payons les frais de scolarité des élèves orphelins et leur expliquons qu’ils auront, la semaine prochaine, chacun un trousseau.
– Distribution de vêtements collectés en France aux élèves orphelins. Ce geste a été énormément apprécié par les élèves qui étaient fous de joie, ainsi que par les parents des autres élèves qui nous ont dit en aparté à la fin de notre visite que le sort de ces orphelins était très préoccupant, qu’ils avaient du mal à les aider car eux-mêmes avaient du mal à se nourrir et que l’action de Tinbo envers les élèves orphelins était plus qu’utile. Réitérer cette collecte de vêtement en France l’année prochaine++

– Don de stylos, de savons, de produits de toilette récupérés en France (dons de particuliers) que nous remettons au directeur qui les distribuera pendant l’année.
– Apport de matériel pour la pharmacie : antiseptiques (3 flacons), coton (3 sacs), pansements (3 rouleaux). Le cahier est très bien tenu (nom de l’élève à qui les soins ont été donnés, date et lieu). Nous disons au directeur et aux instituteurs qu’il n’est plus nécessaire de le remplir puisqu’il nous a permis de voir que cette pharmacie était très utile.
– Apport de livres neufs pour les enfants pour la bibliothèque. Pas de bibliothèque construite.
– Apport de jouets achetés en France pour récompenser les meilleurs élèves de chaque classe à la fin de l’année.
– Nous avons été touchés par la transparence du directeur qui montrait tout aux villageois : l’argent que nous lui donnions, les livres, les cadeaux… et tous les parents applaudissaient au fur et à mesure.
– Il faut souligner aussi que l’école de KB a quelque chose pour nous de très particulier et nous faisons ce constat chaque année. Est-ce dû au fait que l’école est petite (188 élèves), ce qui nous permet de connaître et de reconnaître chaque année des enfants ? Nous y avons un sentiment d’intimité et d’attachement à chaque fois que

nous nous y rendons. Ce sentiment a été renforcé cette année par le déplacement des 4 jeunes au mois de juillet, et l’impact de leur action était encore très présent lors de notre déplacement. Tous les enfants qui avaient participé aux cours d’été portaient fièrement leur tee-shirt Tinbo pour notre arrivée. La plupart des élèves avaient leur cartable Tinbo sur eux (ce qui n’était pas le cas à Rigui), les élèves jouaient avec les cordes à sauter apportées l’année passée… On sent que l’association Tinbo est non seulement présente dans l’école, mais aussi dans tout le village.

– Nombreuses danses pour nous remercier.
– Nous assistons à la pièce de théâtre sur l’excision. Nous constatons une nouvelle fois que la troupe (que nous soutenons) est très motivée et impliquée. Un forum a lieu après la pièce pendant lequel le village interagit pour désigner quels sont les coupables et qui il faut punir (ceux qui ont excisé).
– Longue discussion avec l’accoucheuse du village et son assistante à propos de notre projet sanitaire (cf. projet détaillé).
– Visite du village et de quelques concessions où nous sommes accueillis à bras ouverts.
– Les villageois nous offrent 2 poulets pour nous remercier.

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Mission théâtrale de Tinbo

Pour la première année depuis la création de Tinbo, la troupe de théâtre de Koura Bagre a parcouru des villages aux alentours pour jouer 2 pièces sur l’excision et le mariage forcé. Le déroulement d’une journée type est la suivante :
… (forum) …

Gildas et Kam insistent sur le succès de cette action. Ils ont rédigé un rapport d’activité 2008/2009 qui détaille chacune des représentations qui ont eu lieu. 4 représentations ont eu lieu durant l’année 2008/2009 dans les villages de : – Kourbo Mogo, le 23/12/2008, 300 participants.

– Recka, le 27/02/2009, 250 participants.
– Filli, le 05/03/2009, 400 participants.
– Boursouma, le 02/04/2009, 450 participants.

Au total, 1 400 personnes ont assisté aux représentations sur l’excision et le mariage forcé. Il s’agit ici d’une action directe de l’association Tinbo. Grâce à notre action, Tinbo a apporté une information à 1 400 personnes qui n’y ont pas accès (à cause de leur localisation très reculée et au fait que la majorité des habitants de ces villages sont analphabètes).

La troupe de théâtre a mis en scène ces 2 fléaux en rappelant qu’ils sont interdits par la loi et quels en sont les dangers et les conséquences.
L’objectif pour l’année 2009/2010 est de pouvoir assurer 5 représentations dans des villages reculés.

Futurs projets

Les projets pour l’année 2009/2010 restent les mêmes depuis la création de l’association :

  • Soutenir les 564 élèves des écoles de Rigui et Koura Bagre dans leur scolarité et augmenter le taux de scolarisation dans les villages où nous œuvrons. Nous pensons que les élèves que nous aidons dans leur éducation ne perpétueront pas les 2 fléaux contre lesquels nous luttons.
  • Soutenir la troupe de théâtre afin d’apporter une information à des gens qui n’y ont pas accès et avoir ainsi une action directe contre l’excision et le mariage forcé.
  • Projet de soutien de l’école de Bagawoko
    103 élèves en 2009/2010, 150 élèves estimés pour l’année 2010/2011.

    • Fournitures scolaires pour 150 élèves : 159 300 FCFA : 243 €
    • Frais de scolarité pour les élèves orphelins : environ 10 % d’élèvesorphelins soit 15 000FCFA : 23 €.
    • Dotation en tables-bancs : 50 tables bancs à 46 € : 2 300 €.L’État prend en charge le 3 trimestre pour la cantine. Estimation des besoins :
      – 1 sac de riz = 50 kg
      Besoin d’1/2 sac/repas x 16 j./mois soit 8 sacs de riz/mois. 5 mois nécessaires soient 40 sacs.1 sac de riz = 24 000 FCFA soit un budget de 960 000 FCFA.
      – 1 bidon d’huile (20 l) pour 5 sacs de riz
      Besoin de 8 bidons par an.
      1 bidon d’huile = 15 000 FCFA soit un budget de 120 000 FCFA. – 15 000 FCFA de sel.Budget : 1 095 000 FCFA = 1 671 €.Budget de 4 237 € pour soutenir l’école de Bagawoko.
  • Projet sanitaire : Soutien du dispensaire de Somiaga dont dépend le village de Koura Bagre.